Histoire du cigare

Le Havane… toute une histoire !

D’ailleurs, lorsqu’un cubain vous fait une explication compliquĂ©e et longue sur un sujet quelconque, on dit qu’il raconte « la historia del Tabaco Â» (l’histoire du cigare)… car en fait, c’est une des plus longues Ă©popĂ©es de la culture cubaine.

Christophe Colomb en fait déjà référence dans son journal de bord.

On devrait dire Habanos et non pas Havane, respectant ainsi son « appellation d’origine Â» comme Champagne ou Cognac. Ce produit, de luxe pour nous, si populaire pour les cubains, et aussi objet de frustration pour nombre d’amateurs, mĂŞme s’ils ne se l’avoueront jamais. Car enfin, combien d’amateur de cigare savent ce qu’ils font en rĂ©alitĂ© ? A l’inverse des vins et de la bonne chaire en France, il y a très peu de recule, de connaissance, d’expĂ©rience sur la dĂ©gustation des cigares. La revue L’Amateur de Cigare est une des rĂ©fĂ©rences mondiales en la matière. Et c’est sur les bases de ses informations que nous tenterons au cours de quelques articles d’aider les amateurs en herbe Ă  apprĂ©cier le cigare en donnant les premières indications. Après, il reviendra Ă  chacun de tracer son chemin initiatique pour dĂ©couvrir le monde magique des arĂ´mes du Habanos…

D’oĂą vient le havane ?

Naissance du havane

C’est en 1799 qu’apparaĂ®t pour la première fois Ă  Cuba le nom « havane Â». Il figure dans un document officiel Ă©manant de la Junta de la FactorĂ­a de Tabacos, une Ă©manation de la RĂ©gie espagnole, l’île de Cuba appartenant alors Ă  la couronne d’Espagne. ConsommĂ© jusqu’au dĂ©but du xixe siècle par les marins portugais ou espagnols, le havane se rĂ©pand dans toute l’Europe après le 23 juin 1817, date de l’abolition par l’Espagne du monopole royal. Cette dĂ©cision du roi Ferdinand VII, qui permet Ă  l’île de Cuba de fabriquer et d’exporter ses cigares, donne le signal Ă  une aventure extraordinaire. C’est la ruĂ©e : en 1818, Cuba compte dĂ©jĂ  plus de quatre cents manufactures, pour la plupart des ateliers de petite taille, appelĂ©s chinchales.

Au fil des époques et des modes, le havane a adopté toutes les formes et tailles (les modules). Il y a un siècle, on ne fumait guère les gros modules, la mode était surtout aux formes fuselées (figurados). Aujourd’hui, les modules courts à gros diamètre ont la préférence des amateurs.

Tous les deux ans, la société Habanos SA, à qui appartiennent toutes les marques de havanes, revoit son catalogue. Les références à rotation trop lente ou qui font double emploi avec d’autres modules semblables dans la même marque disparaissent. Aujourd’hui, on compte vingt-sept marques faites à la main, cinq fabriquées à la machine et 280 vitoles qui existent dans différents conditionnements (étuis de 3, 5 ou 10, et boîtes de 25 ou 50).

Le havane aujourd’hui

Le havane est protégé depuis 1967 par une AOP (appellation d’origine protégée). N’a droit à l’appellation habano qu’un cigare roulé à Cuba, à partir de feuilles récoltées à Cuba.

Cinq rĂ©gions s’adonnent Ă  la culture du tabac : Oriente (Bayamo, Baracoa), Remedios (la zone comprise entre Sancti SpĂ­ritus et Santa Clara), Partido (près de La Havane), Semi-Vuelta et Vuelta Abajo (rĂ©gion de Pinar del RĂ­o). Les feuilles qui entrent dans la composition des grands havanes faits Ă  la main ne proviennent jusqu’à prĂ©sent que des seules Partido (spĂ©cialisĂ©e dans la production des feuilles de cape) et Vuelta Abajo. Les meilleures feuilles sont rĂ©coltĂ©es dans deux villages du plus prestigieux des terroirs cubains, la Vuelta Abajo : San Luis et San Juan y MartĂ­nez. Un second terroir cubain, la Vuelta Arriba (comprenant des tabacs cultivĂ©s Ă  Oriente et Remedios), propose les JosĂ© L. Piedra et, depuis le dĂ©but de l’annĂ©e 2003, les Guantanamera.

Depuis neuf ans, les Cubains produisent chaque année trois vitoles en Édition limitée. CesEdiciones limitadas sont des modules inédits dans un label, roulés dans une feuille de cape qui a vieilli au moins deux ans et fabriqués en quantité limitée. Ajoutons à cela les Éditions régionales qui sont apparues pour la première fois en Angleterre en 2005. Ces modules inédits sont réservés pour deux ans à un seul pays. Ce fut le cas de la France en 2007 avec le Libertador de Bolivar et l’Obus de Juan Lopez.

Notons enfin la tendance actuelle Ă  inventer de nouveaux modules, conformes aux goĂ»ts ou aux besoins des consommateurs. C’est ainsi qu’autour du classique robusto ont Ă©tĂ© dĂ©clinĂ©es des variations plus longues, comme le cañonazo, ou plus courtes, comme le petit robusto. Sacrifiant Ă  la mode rĂ©cente des capes sombres, les Cubains ont lancĂ© sur le marchĂ© il y a deux ans une nouvelle gamme de Cohiba « Maduro Â». Cette annĂ©e, c’est au tour de la marque Montecristo d’être rajeunie par une nouvelle sĂ©rie de havanes destinĂ©s Ă  ĂŞtre dĂ©gustĂ©s en plein air, les Montecristo Open. Toutes ces productions nouvelles sont le signe de la vivacitĂ© et de la plasticitĂ© du cigare cubain.

(Source cubania.com)